1ères pleines lunes

1ères pleines lunes – VII

La journée qui s’écoula fut harassante pour Ichigo. Entre les explications qu’il avait dû fournir à Hinamori, le sourire entendu de Renji, comme s’il connaissait quelque chose qu’il aurait dû ignorer et les derniers cours où les profs, contrairement à ce qu’il auvait pensé, leur imposèrent plus d’exercices en kido pour son plus grand bonheur… Lorsqu’Ichigo franchit le seuil de sa chambre, il était exténué et vidé.

Pourtant la seule chose à laquelle le jeune homme pensait… c’était la venue  plus que probable de Sosuke. Il attendait avec impatience la nuit tombée. Le roux avait pris une douche mais s’était rhabillé dans son uniforme scolaire. Il faut dire que sa garde robe était assez réduite, à part cela, il n’avait que des vêtements de nuits et il ne voulait pas être habillé de cette manière si Sosuke venait le rejoindre.

L’attente lui parut longue mais lorsque le battant de sa fenêtre s’ouvrit doucement, le jeune homme avait basculé dans les bras de Morphée. Aïzen fronça les sourcils en pénétrant dans la chambre d’Ichigo anormalement calme et vide. Un soupir pourtant vint le détromper rapidement et ses yeux se portèrent sur le sol où se dessinaient les formes d’un corps à peine visible dans l’ombre, au pied du lit.

Sans bruit Aïzen se dirigea vers Ichigo profondément endormit. Sa journée avait dû être rude. Les derniers jours étaient toujours  éprouvants, d’après son souvenir. Le capitaine de la cinquième division se pencha et souleva tendrement la forme endormie et la plaça sur le lit dont il avait préalablement tiré les couvertures. Avec délicatesse, Sosuke retira les waraji et les tabi d’Ichigo. Il en profita pour retirer son haori, son shihakusho et son hakama pour se glisser sous les couvertures qu’il referma sur eux. D’une main, il éteignit la faible lumière et finit par poser ses lunettes sur le sol.

Sosuke eut à peine le temps de se placer qu’Ichigo s’était blottit contre lui, son nez collé contre son cou. Il allait probablement mourir de chaud avec le jeune homme plaqué contre lui, mais la situation ne le dérangeait pas plus que cela dans le fond. Après tout, ils étaient suffisamment éloignés la plupart du temps, sans qu’il le repousse en plus lorsqu’ils avaient la chance de se retrouver.

La douleur de cette absence en lui s’estompait d’ailleurs, remplacée par  de la félicité. Il sentait également le bien-être de son dominant qui avait passé un bras possessif autour de sa taille. Cela lui amena un sourire furtif. Un Ichigo éveillé ne se permettrait jamais une telle attitude. Son jeune âge, sa timidité naturelle et son inexpérience l’empêchait de se montrer sous son vrai jour.

Inexorablement Aïzen se sentit aspiré par les limbes du sommeil. Il ne résista pas et se laissa glisser, heureux d’avoir trouvé sa place.

°°0°0°°

A l’aube, Ichigo souleva ses paupières pour voir le visage de Sosuke à quelques centimètres du sien. Il avait à peine osé le croire, lorsqu’il avait sentit la chaleur de son corps et son odeur si chère à ses yeux. Mais, comme il lui avait promis, il était venu le rejoindre.

Ichigo était totalement hypnotisé par le visage détendu de son amant. La lumière naissante donnait un aspect particulier à ses traits. Il paraissait plus jeune, terriblement séduisant pour aller au fond de sa pensée. Comme il aimerait que chaque matin fut le même. Cette intimité naturelle qui vous font vous sentir bien, complet.

Ichigo se souleva avec précaution et remarqua que Sosuke était nu. Enfin, il ne voyait que son torse. Et son imagination fit le reste et le rouge envahit ses joues. Avoir de telles pensées au réveil ne devait pas être normal. Lorsqu’il releva la tête, il croisa le regard moqueur de Sosuke

–          Bonjour… Ichigo…

La voix de velours à l’intonation grave presque rauque, le fit frissonner. La main d’Aïzen glissa autour du cou du jeune homme et attira son visage à lui. Un sourire séduisant se forma sur ses lèvres et il chuchota contre  sa bouche

–          Tu m’as terriblement manqué hier…

Ichigo ouvrit la bouche mais aucun son ne fut produit, Sosuke caressait ses lèvres avec les siennes, faisant glisser sa langue à la commissure de ses dernières.  Le roux se déplaça légèrement pour trouver une position plus confortable en même temps qu’en lui, un brasier inexplicable s’allumait.

Aïzen vit le changement de regard du jeune homme et reconnu l’apparition du loup en lui. Son loup intérieur répondit à l’appel silencieux de l’autre et un même feu brûla dans ses veines.

Les deux hommes tombèrent dans les bras l’un de l’autre et échangèrent un baiser passionné. Leurs langues se caressant sans répit, aucun des deux ne voulant reprendre leur respiration. Comme si ce baiser ne pourrait jamais les satisfaire de leur faim. Les mains d’Ichigo parcouraient les flancs de son amant, alors que Sosuke caressait les fesses de ce dernier. Sosuke repoussa Ichigo contre le matelas. Ils se regardèrent haletants… avant de reprendre leurs ébats là où ils les avaient laissé quelques secondes auparavent.

°°0°0°°

Aïzen traversa sa division calmement. Il avait faillit se faire prendre par les gardes lorsqu’il avait passé les portes de l’Académie. Son cœur avait fait un raté… se faire avoir aussi bêtement, tout cela parce qu’il avait la tête ailleurs. C’était un comble.

Une fois dans son bureau, il vit que Gin l’attendait. Il passa devant Ichimaru qui l’observait toujours avec la même expression. Quelque fois, il aimerait savoir ce qui traversait l’esprit de ce gamin.

–          Aïzen Taïcho… ce soir c’est la pleine lune… avez-vous l’intention de rejoindre Kurosaki-kun ?

–          Cela ne te regarde en rien Gin…

–          Soyez prudent… j’ai surpris une discussion ce matin aux aurores. Il serait question de la prochaine délibération de la chambre des quarante-six, et si…

–          Merci de t’inquiéter Gin…

Aïzen encaissa le coup mais resta impassible. Il était hors de question de montrer une quelconque faiblesse et surtout pas à un de ses hommes.

–          Ceci me regarde

–          N’y a t’il pas un moyen ? Demanda pourtant le fukutaïcho.

–          Si je le connaissais… Souffla Aïzen songeur.

Son cerveau partit en ébullition, comment pourrait-il échapper au sort que pourrait leur réserver la chambre des quarante six ? La voix de Gin le ramena sur Terre et il écouta Ichimaru qui lui annonçait une réunion en fin d’après-midi. Sosuke soupira… Evidemment, juste avant la transformation… les esprits échaudés de certains capitaines ne manqueraient pas de transformer la séance en pugilat.

Pourquoi prendre un tel risque ?

°°0°0°°

Ichigo décida de quitter l’Académie plus tôt que prévu. Il sentait déjà en lui son sang bouillonner. La voix de Renji le retint quelques instant.

–          Tu comptes allez où ?

–          Loin d’ici…

–          Pourquoi ne restes-tu pas à l’Académie comme la plupart des élèves ?

Le jeune homme leva les yeux vers son aîné et souffla à voix basse :

–          Si je restais ici… Tu ne peux pas comprendre.

Ichigo fit volte face et quitta le couloir pour se diriger vers le hall d’entrée, Renji sur les talons. Ils se dirigeaient vers la porte d’entrée quand une sorte de chahut les figea sur place. La porte du dortoir s’ouvrit avec fracas pour laisser passer des shinigami accompagnés par les gardes de l’Académie.

–          Messieurs, nous n’avons pas reçut l’ordre de vous laisser passer !

–          Nous sommes venus ici sur ordre de la chambre des quarante-six !

–          Mais…

–          Regardez notre ordre de mission !

–          Vous n’êtes pas…

Le cœur d’Ichigo se mit à battre furieusement. La chambre des quarante-six ? Cela voulait-il dire qu’ils avaient statué sur le sort de Sosuke et le sien ? Tremblant le jeune homme s’avança vers les shinigami et leur demanda :

–          C’est pour moi que vous êtes-venu ?

–          Ichigo ! Protesta Renji.

–          Vous êtes Ichigo Kurosaki ?

–          Haï !

Un sourire se forma sur les lèvres de l’homme qui se tenait devant l’étudiant.

–          Veuillez nous suivre. Ordre de la chambre des quarante-six…

–          Pour quel motif ?

Une certaine agressivité se fit entendre dans le ton du jeune homme. Très inquiet Ichigo sentait la colère le remuer en même temps que les prémisses de sa transformation.

–          Nous ne sommes pas tenu de vous le dire… Vous êtes convoqué immédiatement vous et Aïzen Sosuke. Vous en saurez plus lors de votre entrevu…

Le sang du jeune homme ne fit qu’un tour. Il vit brusquement que l’un des shinigami lui tendait un pli. Le roux le prit et le décacheta. Ses yeux parcoururent la missive qui pour lui annonçait une mauvaise nouvelle. Quoique rien dans ses mots ne laissait présager une quelconque réprimande.

–          Aïzen Taïcho est déjà sur place ?

–          Nous le cherchons actuellement. Il a disparu avec d’autres capitaines après la réunion faite avec le Soutaïcho…

Ichigo fronça les sourcils et demanda soudainement

–          Pourquoi venez-vous me chercher maintenant ?

–          Nous venons d’en avoir l’ordre et…

–          C’est la pleine lune… insista Ichigo.

Un des shinigami avoua :

–          Nous allons vous mettre en détention provisoire…

–          Pardon ?

–          Quoi ! Hurla Renji.

–          C’est un ordre… Vous serez libérer dans deux jours… Mais pour l’instant, nous ne pouvons vous laissez en liberté…

–          C’est… c’est parce ce qu’ils vont… Sosuke… Souffla Ichigo qui ouvrit de grand yeux.

L’inquiétude le gagna et un des gardes posa une main sur l’épaule d’Ichigo :

–          Veuillez nous suivre gentiment… et veuillez passer ses menottes !

–          Ce n’est pas un criminel ! Hurla Renji qui tentait de repousser le shinigami.

Mais les autres gardes encerclèrent Ichigo. Ce dernier se retourna vers Renji… et déclara calmement :

–          Renji… reste en dehors de cela. Tu risques gros en t’opposant à ses gardes et tu le sais. Ne t’inquiète pas dans deux jours, je serai revenu !

–          Mais… pourquoi ?

Ichigo fronça les sourcils et la colère commença à poindre en lui, camouflant le désespoir qui l’étreignait quelques minutes plus tôt.

–          Tu le sauras certainement bien assez tôt… Souffla Ichigo

Le jeune homme suivit les shinigami. Renji fut rejoint par Momo, Uzuru et Shouhei qui ne comprenaient pas la situation. Le shinigami aux cheveux rouge tenta de répondre comme il le pouvait. Mais son inquiétude grandissait… surtout qu’il avait eu le temps d’apercevoir une lueur dans les yeux du roux qui ne luisait rien qui vaille.

°°0°0°°

–          Je n’ai aucune envie de me rendre à cette convocation !

–          Aïzen-kun… Rétorqua Ukitake. Tu ne peux pas ignorer la chambre des quarante-six… soit raisonnable.

Sosuke fronça les sourcils. Il avait envie de hurler la vérité à Ukitake mais il croisa le regard de Shunsui et ses mots s’éteignirent sur ses lèvres. Aïzen se détourna pour cacher sa douleur. Il refusait de vivre ce que vivait son sempaï… Il refusait qu’Ichigo vive ce que vivait Shunsui. Combien de fois avait-il vu les regards douloureux du capitaine de la huitième division ? Il refusait en bloc.

Il aimait Ichigo. Tout avait démarré de travers et pourtant, il ne pouvait simplement s’agir de l’union biologique des loup-garous qui lui faisait ressentir cette attraction, ses sentiments, ses pulsions. Non, ses sentiments étaient aussi vrais que ceux de son dominant et maintenant on voulait l’arracher à lui ? Hors de question… cela arrivait trop vite. Il n’avait pas eu le temps de créer suffisamment de lien entre lui et Ichigo.

Une sueur froide recouvrit son corps. Les prémisses de sa transformation se faisaient sentir. D’ailleurs, on entendait un peu partout à présent le hurlement des loups. Une présence meurtrière vint se joindre au petit groupe. Sosuke se tourna pour rencontrer le loup Kenpachi. Il était démesurément grand et puissant, surtout quand les autres loups avaient encore leurs apparences humaines.

–          Sosuke… se moqua le loup… Tous te cherchent… et moi, je t’ai trouvé ! Tu m’accompagnes et si tu me résistes…

Un rire mélangé à un grondement répondirent :

–          Un combat s’imposera…

–          Kenpachi, non ! Rétorqua Ukitake.

–          La ferme ! Ne me gâche pas mon plaisir…

Shunsui qui s’était transformé dans l’intervalle vint se poster entre lui et Aïzen.

–          Sois raisonnable Kenpachi… Sosuke-kun allait s’y rendre seul…

–          Mon œil ! C’est pas dans son caractère…

–          Ne prends pas ton cas pour une généralité. Répondit sombrement Ukitake qui du lever les yeux vers le loup garou de la cinquième division.

Aïzen était aussi impressionnant que Kenpachi et Ukitake qui se laissait doucement modifier ne pu qu’admirer la force qui se dégageait de lui. Ses oreilles étaient pointées vers l’avant comme celles de Kenpachi, leurs poils hérissés et leurs babines retroussées en disaient long sur leur envie de meurtre. Peu de loups pouvaient stopper ces deux là…

Kenpachi et Aïzen se faisaient face en grondant. Shunsui s’était reculé et avait rejoint Jyuushiro qui posa une main sur son avant-bras.

–          Comment pouvons-nous faire pour les stopper ?

–          Personne ne le peut Jyuu-chan… personne…

Les deux loups se fondirent dessus dans un grognement agressif.

°°0°0°°

Ichigo envoya catapulter les gardes autour de lui et arracha les menottes spirituelles qui l’entravaient. Il releva la gueule vers le ciel pour sentir l’atmosphère et ce qu’il pu enregistrer lui fit retrousser les babines. Un grondement fit vibrer sa cage thoracique et bientôt un hurlement féroce déchira l’atmosphère. Tous ceux qui étaient suffisamment près frissonnèrent par la rage qu’il laissait transparaître.

Dans un mouvement brusque, Ichigo bondit en avant, utilisant les griffes de ses doigts pour ne pas déraper dans ses virages qu’il prenait à une allure folle sans ralentir. Sosuke était en danger et il devait le sauver. Son instinct avait complètement modifier sa façon de penser. Ichigo avait le sang qui bouillonnait et son seul objectif était de protéger son dominé de la bête à laquelle il faisait face.

La rage l’aveuglait complètement et l’inquiétude rongeait son cœur. Quand il sauta du haut de la falaise pour se projeter plus bas dans l’encaissement de la vallée, il vit parfaitement le loup-garou monstrueux qui frappait sans relâche Sosuke. Son esprit devint blanc, il allait le tuer !

°°0°0°°

Shunsui et Ukitake allaient intervenir quand ils sentirent arriver quelque chose qui leur fit froid dans le dos. Ils ne purent rien voir si ce n’est un immense nuage de poussière et de terre projetée et Kenpachi voler et s’encastrer dans la roche. Soudain devant se présenta un loup inconnu très imposant qui leur tendit le corps d’Aïzen inconscient.

Ukitake se précipita pour le prendre. Seul Shunsui pu voir l’attaque surprise de Kenpachi sur le loup-garou aux couleurs fauves. Ce dernier l’évita de justesse et il lui sauta à la gorge. Un combat démarra entre les deux loup-garous. Ils s’empoignaient, se mordaient ou s’entredéchiraient avec une violence inouïe.

Bientôt les deux loups s’enfoncèrent dans la forêt et les deux spectateurs stupéfaits baissèrent le regard sur Aïzen qui tentait de se redresser.

–          Ne force pas Sosuke-kun… Tu es gravement blessé…

–          I…chigo…

Les deux capitaines se regardèrent surpris puis Shunsui demanda doucement :

–          Tu parles de… ton dominant ?

–          Haï !

Ukitake demanda d’une voix tremblante.

–          Son pelage est… roux ?

–          Haï…

Sosuke avait l’impression d’avoir chuté d’une falaise. Il était incapable de bouger. Il grimaça et ses yeux humides rencontra le regard inquiets des deux autres loups.

–          Il se bat actuellement contre Kenpachi…

–          Kenpachi est tellement excité par votre combat que je crains que Kurosaki-kun ne puisse te défendre…

Aïzen rit doucement en entendant la réflexion d’Ukitake. Kenpachi allait surtout avoir une vrai surprise. S’il lui n’avait pas glissé dans la flaque de boue, Sosuke ne serait pas dans l’état où il se trouve actuellement… mais tomber sur Ichigo qui devait être fou de rage, c’était une autre paire de manche pour Kenpachi.

–          Qu’est ce qui te fait rire Sosuke-kun ? Tu n’as pas peur pour ton dominant ? Ken…

–          Peur pour Ichigo ? C’est surtout pour Kenpachi que j’ai peur…

–          Ne le surestime pas… souffla doucement Ukitake.

–          Ne le sous-estime pas ! chuchota Sosuke.

Le capitaine de la cinquième division tourna sa gueule vers la forêt où sous l’éclairage de la pleine lune, il était possible de voir les arbres s’abattrent et d’assister à des vols d’oiseaux affolés et dérangés dans leur sommeil.

Ses oreilles s’étaient penchées en avant et tournaient un peu dans tous les sens comme pour capter tous les bruits qu’émettaient les deux loups enragés. Sosuke s’accrochait à l’idée qu’Ichigo puisse battre Kenpachi, il ne pouvait pas en être autrement. Cette notion permit au capitaine de la cinquième division de tenir et de ne pas sombrer, il voulait revoir Ichigo vivant !

Jamais une nuit de pleine lune ne fut aussi agitée à la Soul Society. Tous écoutaient les échos de la bataille que se livrait les deux loups. Certains étaient terrorisés, d’autres se demandaient comment le combat se terminerait. Et quand le silence revint, il fut pesant. Chacun pensa soudainement qu’il aurait mieux valu que le combat continue. Tout aussi brutalement, le calme fut déchiré par un long hurlement puissant.

Aïzen eut un petit sourire et ses yeux se tintèrent différemment. Il ne prêta pas attention aux commentaires autour de lui. Il attendait savenue. Et il ce ne fut pas long lorsqu’il vit surgir un magnifique loup au pelage fauve. Les yeux cognac se rapprochaient et Sosuke ne voyait qu’eux. La tendresse qu’il pouvait y lire, lui réchauffa le cœur. Il n’avait plus rien à voir avec la bête enragée d’il y a quelques heures.

Ichigo ne voyait que son mari allongé sur le sol, incapable de bouger. Son cœur se serra. Il ne prêta pas attention au deux autres loups qui lui parlaient. Il passa brièvement une main sur la joue d’Aïzen et gronda d’une voix rauque :

–          Tu peux bouger ?

–          Non…

Lentement, le jeune loup se pencha et souleva Aïzen et le serra contre lui. Se tournant vers les deux autres loups, il demanda :

–          Où se trouve l’infirmerie ?

–          Vous êtes vous-même blessé laissez nous le porter Kur…

–          Je refuse ! Moi seul porterait Sosuke !

Les oreilles du loup se pointèrent en avant et la lueur mauvaise qui s’inscrivit dans ses yeux les rendit presque phosphorescents. La menace était claire. Sans attendre, Ichigo se mit en marche mais un raclement de gorge et la voix hésitante d’Ukitake le firent se retourner :

–          C’est de l’autre côté Kurosaki-kun…

Shunsui et Jyuushiro ouvrirent la marche et Ichigo avec une aisance déconcertante suivit le rythme des deux loups devant lui. Sosuke calé contre le torse d’Ichigo respirait son parfum à plein poumon. Enfin, autant que lui permettait ses côtes douloureuses. Il entendit la voix de son mari interroger les deux autres loups :

–          Personne ne s’occupe de l’autre loup ?

–          Non… laissons-lui le temps de réfléchir un peu… Je suis sur qu’Unahora va se faire un plaisir d’aller lui parler du pays…

Aïzen voulut rire en imaginant la scène entre les deux époux, mais la douleur l’en empêcha et il n’émit qu’un affreux gargouillis.

–          Tu ne vas pas bien Sosuke ?

–          Si… si…

Arrivés à la quatrième division, les quatre loups furent encerclés par des loups beaucoup plus petits. Une louve apparue et elle se dirigea immédiatement vers Ichigo.

–          Que s’est-il passé ? J’ai cru reconnaître Zaraki…

–          Haï Unahora Taïcho. Fit Jyuushiro. Kenpachi Taïcho a provoqué Aïzen Taïcho et il n’arrivait plus à s’arrêter de le frapper ce qui a engendré de grosses blessures sur Aïzen Taïcho.

–          Il est encore en vie ? Rétorqua Retsu stupéfaite.

La louve observait l’immense loup garou roux qui se tenait devant elle calmement. Sans conteste aussi grand que son mari et certainement aussi fort.

–          Kurosaki-kun a protégé Aïzen Taïcho…

–          Alors, c’est vous qui avait combattu Zaraki depuis tout à l’heure ?

–          Qui est Zaraki ? Demanda Ichigo perdu dans ses pensées.

–          Kenpachi Zaraki capitaine de la onzième division…

Ichigo s’il avait été humain aurait blêmit. Une civière fut apportée et Ichigo déposa tendrement Sosuke qui tombait enfin dans les limbes de l’évanouissement. Son corps fut vite emporté et l’attention d’Ichigo fut à nouveau focalisée sur le capitaine de la quatrième division.

–          Vous l’avez laissé où exactement ?

–          Euh… près de la falaise à l’ouest du Sereitei, dans la f…

–          Je vois où merci. Suivez-moi, je vais m’occuper de vous.

–          Je dois reto…

–          Suivez-moi !

Quelque chose dans le fond du regard de la louve mis Ichigo en alerte et sans plus discuter, il suivit le capitaine de la quatrième division. Shunsui soupira et déclara d’une voix lasse.

–          Si je m’attendais à une telle soirée…

–          Si seulement Aïzen-kun avait accepté de nous suivre… rétorqua Ukitake. Pourquoi refuse t-il d’accepter la décision des quarante-six ?

Kyouraku observa longuement Ukitake. Ce dernier fixait la porte ou Ichigo avait disparu quelques secondes auparavant. Une lueur apparut dans les yeux du loup noir. Une infinie tristesse semblait s’y être logé. Cette dernière disparut lorsque son ami se tourna vers lui.

–          Je comprends que cela puisse être douloureux, mais d’un autre côté… c’est la décision de la chambre des quarante-six… A quoi pense Aïzen-kun ?

Shunsui soupira entre ses dents et ses yeux se fermèrent quelques instants, le temps pour lui de faire cesser le cœur qui s’affolait en lui.

–          Il doit certainement penser à la douleur qu’aura à subir Ichigo-kun et c’est pour cela qu’il refuse… cette situation.

–          Douleur ?

Jyuushiro allait poser une question à son ami pour comprendre de quoi il parlait, mais Shunsui avait disparu sans qu’il n’en comprenne la raison. Quelle étrange soirée il vivait…

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