Perdre la raison

Perdre la raison : 11

Il pleuvait à verse… Il aurait du neiger mais, les températures se sont radoucis de manière imprévisible. Cela faisait deux mois que Gin était retourné à la Soul Society. Il était revenu entre-temps et ils avaient passé quatre jours ensemble en vacances. Ichigo avait prétexté une maladie pour ne pas aller en cours. Isshin avait laissé son fils manqué le lycée et avait laissé les amoureux partir ensemble.

Ichigo se souvenait de ces quatre jours à la montagne comme si c’était hier. Ils avaient fait du ski, déambuler dans les rues animées peu avant les fêtes de Noël, ils avaient passé de long moment sous la couette et avait fait l’amour à plusieurs reprises. Ichigo grimaça légèrement en se rappelant ce détail. Il avait beaucoup parlé aussi… Quoique Gin ai plutôt fait parler Ichigo sur ses envies, ses rêves, sa vie, ses amis… Ils avaient trouvé une salle d’entraînement de kendo, Gin et lui avait réservé leur après-midi pour s’amuser. Le problème c’est qu’un gars avait supplié son amant pour qu’il devienne son entraîneur. L’albinos a déclaré froidement que la seule personne qu’il entraînerait jamais dans sa vie était Ichigo. Là, l’orangé s’était vu déclaré nuisance par toute la salle des pratiquants…

Gin s’en souciait peu. Il était là uniquement pour sa fraise. Il n’allait pas gâcher le peu de moment qu’ils avaient ensemble pour des humains. A la fin de leur petite joute, Gin l’avait

embrassé devant toute la salle. Ichigo en rougissait encore ! L’albinos se moquait de l’endroit, des personnes et des circonstances… Il ne voyait que l’orangé. Ce dernier s’en était rendu compte et se demandait comment il pouvait être l’objet de tant d’attention. Il essayait de se montrer à la hauteur de  son amant. Mais, il avait toujours l’impression d’avoir un train de retard. Cela ne semblait pas gêner le capitaine shinigami.

Ichigo était tout à ses souvenirs heureux. Il lui manquait tellement… L’averse se fit plus drue. Son parapluie avait du mal à rester en place. Il maudit se fichu temps qui n’était pas prévue au départ. Y avait-il un typhon en préparation ? Il se hâta pour entrer chez lui. Il attendit patiemment pour traverser la route que le bonhomme passe au vert. Enfin… il dégoulinait d’eau. Et soudain, il entendit un coup de frein et une violente douleur et plus rien…

Ichigo Kurosaki gisait sur le sol sous un soleil éclatant sur une voie en pleine circulation. L’ambulance arriva rapidement sur les lieux. Il fut transporter d’urgence à l’hôpital central. Isshin Kurosaki ferma sa clinique et se précipita pour rejoindre son fils aux urgences.

°0°0°

Isshin sortit son ancien Soul Pager contacta le numéro de Gin Ichimaru lui avait laissé. Il tomba sur lui à la première sonnerie.

–        Gin Ichimaru !

–        C’est Isshin Kurosaki.

Gin fronça les sourcils… S’il lui téléphonait cela voulait dire mauvaise nouvelle.

–        Que se passe t’il ? Demanda l’albinos.

Il avait quitté son siège où il était assis nonchalamment. Kuchiki Byakuya qui lui faisait face ainsi que Renji Abaraï observèrent surpris l’homme qui avait son perpétuel sourire de renard, devenir soudain très sérieux, voir inquiet…

–        Ichigo… Ichigo est en train de mourir !

–        Quoi ?

La voix d’Ichimaru avait tremblé et avait été un peu plus forte que d’habitude.

–        Il a eu un accident. Il s’est fait renverser par une voiture. Il est au soin intensif… son pronostic vital est en jeu.

–        Mais…

L’albinos avait les sourcils froncés et pour une fois ses yeux bleus étaient très visible.

–        Vous ne deviez pas le surveiller ? Fit la voix menaçante de Gin.

–        Je ne peux pas vivre derrière mon fils Gin ! Rétorqua Isshin.

–        Je le sais… souffla l’albinos.

–        J’arrive !

–        Mais… le Sereitei.

–        S’il doit mourir, je dois être là !

–        Comment…

–        Je me débrouillerai.

–        Je vous attends. Mais faite vite car il est dans le coma et je ne sais pas combien de temps il pourra encore tenir.

–        Très bien… Merci Isshin !

–        Je le fais pour lui… souffla ce dernier.

Ils raccrochèrent. Gin se tourna et voulu quitter la pièce et Byakuya rappela sa présence. Gin lui jeta juste un coup d’œil meurtrier.

–        Excusez-moi, j’ai une urgence !

–        Mais…

Gin avait disparu. Il se retrouva devant la porte du Soutaïcho. Il demanda à Sasabike une entrevue d’urgence. Il tremblait presque d’impatience en entrant dans le bureau privé de Yamamoto.

–        Que puis-je pour vous Ichimaru ?

–        Je dois me rendre chez les humains !

–        Pourquoi ? Pour l’humain dont vous vous êtes entiché ?

–        Il est en train de mourir !

Un silence plana quelques instants. Gin reprit la parole.

–        Je vous demande la permission de rejoindre le plan humain pour pratiquer au moins son konso.

–        Combien de temps avant sa mort ?

–        Je ne sais pas. Il est dans le coma et son pronostic vital est en jeu.

–        Puisque pour une fois vous me demandez la permission… Je vous laisserai faire le konso. Mais, après je refuse que vous fassiez n’importe quelle incartade Gin Ichimaru.

–        Bien…

–        Disposez !

Gin quitta le bureau et s’ouvrit un passage dans le monde réel. Il n’avait jamais été aussi rapide pour traverser les mondes. A peine arriver, il rechercha le riatsu d’Ichigo ou d’Isshin. Il trouva rapidement l’énergie spirituelle d’Isshin. Il se dirigea sur les lieux. Il fut surpris en arrivant de voir l’homme accablé. Ichigo était… ? Il se dirigea devant Isshin. Ce dernier se tourna vers Ichimaru. Il quitta la salle d’attente de l’hôpital et Gin le suivit. A voir le dos courbé de l’ex-shinigami, il se douta que cela ne devait pas être beau à voir. Isshin s’arrêta devant une porte. Il se tourna tristement vers Gin et lui murmura

–        Tu vas être choqué. J’ai interdit à mes filles de venir le voir…

Il ouvrit la porte et le cœur d’Ichimaru bondit dans sa poitrine. Il entra et son cœur s’arrêta. Il traversa rapidement la pièce et observa le corps qui tenait encore grâce aux appareils brancher. Un masque couvrait son visage, des fils pendaient autour de son  pauvre corps brisé. Des électrodes couvraient sa poitrine et sa tête. On voyait l’appareil retracé les différentes courbes de son activité cérébrale et cardiaque.

Gin se pencha sur le jeune homme couvert de bandage.

–        Ils lui ont donné de la morphine pour ne pas qu’il souffre… souffla Isshin.

L’albinos ne releva pas parole mais, son cœur se serra. Il était tellement désolé. Comment cela avait-il pu arriver. Ses yeux bleus exprimaient une réelle douleur. Il posa une main dans les cheveux souples du jeune homme et les caressa doucement. Il se pencha sur son oreille, ses lèvres touchaient presque la peau du jeune homme meurtrie.

–        Ichi… je suis là près de toi… Je resterai tout le temps qu’il te faudra. Je ne te quitterai pas…

Dans le même temps, Ichimaru glissa sa main dans celle de l’orangé et la serra délicatement. L’albinos tourna son visage et observa la pièce. Il murmura encore contre son oreille.

–        Je vais chercher une chaise. Je reviens de suite.

Ichimaru retira doucement sa main et partit se chercher une chaise. Il s’assit à nouveau à côté du corps inconscient. Il saisit à nouveau tendrement la main abandonnée du jeune homme. Il était furieux contre lui-même. Furieux de ne pouvoir faire rien d’autre que d’attendre. Il pensa au temps qu’il lui faudrait pour le retrouver à la Soul Society… Est-ce qu’Ichigo se souviendrai de lui ? Après tout… leur relation ne datait pas de si longtemps que cela.

En y pensant, il se souvint de leur petit séjour à la montagne et l’après-midi passé au dojo. Les efforts du jeune homme pour essayer de rivaliser avec lui. Même si Ichigo avait pratiqué ce sport, il n’avait pas un niveau exceptionnel. Les autres pratiquants d’ailleurs l’avaient deviné et lui avait demandé de quitter son amant pour faire des exercices avec eux ! Il se souvint avec tristesse que pour lui à ce moment là, il ressentait la présence du jeune homme avec intensité du fait de leur séparation régulière.

Gin ferma les yeux et posa son front sur l’épaule du jeune homme. Le seul endroit où il n’y avait ni bandage, ni appareil. Il déposa un baiser très tendre sur sa peau nu. Il du finir par s’endormir. Il ne vit pas le regard profondément attristé d’Isshin. S’il avait encore eu des doutes sur les sentiments du capitaine de la 3ème division, ceux-ci étaient balayé à cet instant même. Il avait l’air complètement perdu et accablé. Il s’appuya lui-même contre le mur et observa la pluie qui commençait à s’abattre sur la ville. Il commençait à faire nuit noire. La lumière des réverbères projetait les gouttes d’eaux telles des de petits diamants. Il ferma les yeux. Tout ce qu’il voulait c’était que soit son fils soit sauver ou qu’il meure rapidement… Mais qu’il ne reste pas trop longtemps dans cet état végétatif. Ce n’était pas bon, surtout pour la future relation entre Ichigo et Ichimaru.

Il jeta un œil sur le couple devant lui. Cela lui fit penser au corps de sa femme… Le vide qu’il avait ressentis à ce moment là ! Ce qui lui avait permis de tenir, était qu’il avait ses enfants à s’occuper. Mais Gin Ichimaru… Dans combien de temps retrouverait-il Ichigo ? Il était ému pour les deux hommes allongés. Qu’elle ironie…

°0°0°

Ichimaru se réveilla au cours de la nuit. Il se demanda sur le cou où il se trouvait. Il regarda désorienté les appareils et il se souvint en voyant une touffe de cheveux orange. Il se redressa légèrement pour observer Ichigo toujours dans le coma. Il leva les yeux et vit Isshin qui avait placé deux fauteuils l’un en face de l’autre. Assis sur l’un d’entre eux, et les jambes étendues sur l’autre. Il paraissait avoir prit plusieurs années d’un coup. Gin se rassis sur son siège et gémit légèrement. Ses os le faisait souffrir par la position inconfortable qu’il avait tenu pendant plusieurs heures.

Il vit qu’il tenait toujours la main de son amant dans la sienne. Il souleva délicatement cette dernière et la porta à ses lèvres. Ses lèvres effleuraient la peau douce du jeune homme. Il eut un sanglot qui secoua sa poitrine. Il leva la tête et respira plusieurs fois quelques goulées d’air. Il détestait tellement cela. Il pouvait endurer la souffrance physique mais, celle qui le touchaient au plus profond de lui-même étaient quelque chose qu’il encaissait toujours très difficilement.

Il fronça les sourcils… Il repensa au tout début de sa rencontre avec l’orangé. Lorsqu’il l’avait frolé, qu’il avait sentit sa présence, la peur qu’Ichigo avait ressentit de ne pouvoir le voir, mais de ressentir son riatsu et qu’il puisse le toucher. Il ferma les yeux… cela lui fit penser à leur première nuit d’amour. Il frissonna et se pencha lentement vers l’oreille de son amant.

–        Ichi… je suis désolé de tout le mal que j’ai pu te causer au départ. Je t’aime… je t’aime tellement, je ne veux pas que tu meures. Vit s’il te plaît… vit !

Ichimaru posa son doigt replié sur la joue du jeune homme qu’il caressa lentement et avec une extrême douceur.

–        Ichi… je veux encore te tenir dans mes bras. Je te promets que je t’entraînerai encore au kendo. On pourra retourner à la montagne et même à la mer, si tu le veux ! Je sais que tu aimes le soleil… Mais, je ne mettrai pas dans vos horribles maillot de bains.

Ichimaru ne vit pas sur l’instant un léger mouvement, quand il sentit brutalement un discret serrement sur ses doigts. Il leva la tête et ses yeux bleus rencontrèrent la douce couleur ambre qui lui manquait tellement. Sa gorge se noua sous l’émotion. Il ne put dire que faiblement

–        Ichi…

Il vit des larmes coulés le long des joues d’Ichigo. Gin sentit les siennes glissées lentement. Il ne pouvait plus les retenir ! De voir à nouveau son amant éveillé et que ce dernier puisse le voir.

–        Ichi reprit avec plus d’assurance l’albinos. Je reste avec toi…

Ichigo voulu parler mais aucun son ne sortit de sa gorge. Gin se redressa et se pencha juste au dessus du visage de son amant. Il caressa les cheveux du roux.

–        Je t’aime Ichi. Tellement… tellement… Ne me laisse pas seul trop longtemps. Je crois que je ne le supporterai pas !

Ichigo ferma lentement les yeux. Ichimaru se redressa. Il sut que c’était le moment. Il leva les yeux et rencontra ceux d’Isshin qui l’observait. Aucune trace d’ironie ou de semblant de moquerie.

–        Je ne pensais pas que vous l’aimiez à ce point !

–        …

Un silence s’installa. Les courbes s’arrêtèrent les uns après les autres ainsi que le bip-bip régulier… Ichimaru se recula dans le fond de la pièce. Les médecins entrèrent dans la pièce. Gin vit se former au dessus du corps du jeune homme une volute de fumée blanche et le corps astral de son amant se forma devant ses yeux et de son père. Ichigo ne portait qu’un pantalon de pyjama blanc et son torse était nu. Ichigo parut surpris par ce qui lui arrivait. Il n’avait plus ses pansements et semblait désarçonné.

Il descendit du lit et regarda quelques instant sa dépouille. Il se recula et vit son père de l’autre côté du lit. Isshin était bouleversé au delà du possible. Ichigo traversa la distance qui les séparait et l’entoura de ses bras.  Son père posa son front sur celui de son fils. Il murmura quelque chose… Ichigo se tourna vivement vers Gin. Ce dernier ne bougea pas. L’orangé fit un pas hésitant vers lui, puis traversa rapidement la distance qui les séparaient. Il encercla la taille d’Ichimaru et posa son front sur son épaule.

L’albinos ferma ses bras autour du jeune homme. Il le serra très fort contre lui.

–        Ichi… Ichi… Dit-il tendrement.

–        Pardon, je n’ai pas tenu ma promesse… de vivre très longtemps.

–        Tu as fait ce que tu as pu…

–        Gin… Que va t’il nous arriver maintenant.

Ichimaru prit le visage levé vers lui entre ses mains et fit glisser tendrement ses pouces le long de ses joues. Ichigo ferma les yeux et apprécia la caresse. Il sentit les lèvres de Gin glisser sur les siennes. Il ouvrit les yeux et rencontra les yeux bleus.

–        Ichi chuchota Gin. Nous n’avons plus beaucoup de temps. Je veux juste que tu ne m’oublies pas. Je… Je ne pourrai pas supporter de vivre loin de toi très longtemps. Certains diront que je ne mérite pas ton amour. Mais, je veux croire que toi et moi c’est pour l’éternité ! Alors, reviens moi vite à la Soul Society.

Ichigo scruta les yeux bleus devant lui. Il recouvrit les mains de Gin par les siennes et les serra doucement.

–        Gin… Je ne veux pas t’oublier… Je ne t’oublierai pas. Tu es la personne la plus précieuse à mes yeux. Attend-moi… D’une façon ou d’une autre, je reviendrai vers toi ! Je deviendrai un shinigami et… tu me feras une place dans ta division ?

–        Toute la place que tu veux Ichi. Tu vivras avec moi… Plus rien ne nous séparera.

–        Je t’aime Gin…

–        Moi aussi Ichi.

Une légère toux se fit entendre. Ils se tournèrent tous les deux vers Isshin. Ce dernier leur dit

–        Il est temps… Je peux faire le Konso.

–        Non ! s’écria Ichigo… je veux que se soit Gin… désolé papa.

–        Je comprends. Souffla l’homme.

Gin se recula légèrement et sortit son Zanpakuto. La gorge d’Ichigo se noua. Isshin prit une dernière fois le corps de son fils dans ses bras et lui souffla.

–        Ne m’oublie pas moi et tes sœurs également.

–        Je n’oublierai personne de la famille.

–        Bien… Viens nous voir une fois que tu auras finit ta formation de shinigami.

–        Je reviendrai !

–        Je n’en doute pas fils !

Ichigo se détacha de son père et se dirigea vers Ichimaru. Il ne voulait pas avoir l’air effrayé. Son amant détesterai cela… et cela allait être dur pour lui aussi. L’albinos prit soudainement l’orangé contre lui une dernière fois avant un petit moment. Il souffla.

–        Laisse moi te sentir une dernière fois dans mes bras et ressentir ton odeur. Tu vas me manquer !

–        Gin… Ichigo ne pu aller plus loin. Sa gorge se noua une dernière fois.

L’albinos le compris. Il caressa une dernière fois sa joue et prit d’une main ferme son zanpakuto. Ichigo cru qu’il allait le poignardé mais, Ichimaru tourna son épée et présenta le pommeau  de l’arme et l’appuya sur son front. Un symbole illumina quelques instants son front.

Ichigo se sentit glisser vers le sol. Il leva les yeux vers Gin… s’était la seule vision qu’il voulait graver dans sa rétine. Le visage de son amant et ses yeux si bleus.

Gin, regarda son amant disparaître petit à petit dans le sol pour faire place à un papillon noir. A ce moment là, c’est lui qui se laissa glisser sur le sol. Son zanpakuto tomba lourdement sur le sol. Gin se prit le visage entre ses mains et pour la première fois de sa vie pleura silencieusement devant quelqu’un. Un vide immense venait d’entrer dans sa vie !


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