Gin et Ichi
Perdre la raison

Perdre la raison : 2

Ichimaru revenait du bureau du Soutaichō et était quelque peu exaspéré. Plongé dans ces pensées, il ne fit pas attention à l’homme qui se trouvait sur son chemin.

— Tu m’as l’air contrarié, fit la voix douce d’Aïzen Sosuke.

Gin sursauta légèrement et adressa au capitaine de la 5e division un léger sourire.

  • Oh… Mais qui vois-je ? fit la voix moqueuse de Gin. Le très estimé capitaine de la 5e Que me vaut l’honneur de ta visite ? Ou non… Te serais-tu convoqué aussi, car tu n’aurais pas été sage ?
  • Quelques affaires qui ne te concernent en rien… remarqua doucement Aïzen.
  • Alors, ne te mêle pas des miennes ! rétorqua ironique Gin.

Ichimaru continua son chemin, quand il entendit la voix légèrement moqueuse de son collègue.

  • Oh ! Une affaire personnelle ? Te connaissant, je suppose que c’est pour satisfaire tes caprices sexuels… Aurais-tu trouvé une proie dans le monde des humains ?

Gin poursuivi son chemin sans répondre. Il n’avait pas envie de discuter de ses préférences personnelles avec une quelconque personne… Même s’il s’agissait de ce type ! Il s’en méfiait comme de la peste d’ailleurs ! Il était trop poli pour être honnête. Bon, il savait qu’il était mal placé pour parler… mais au moins tout le monde était au courant pour lui… Tandis que l’autre lui faisait penser à un anaconda. Pfff ! De toute façon, ce n’était pas ses affaires.

Il repensa au roux qu’il avait laissé dans le monde des humains. Il était « privé » de sortie pendant un mois du plan terrestre. Aaarrhhhh ! Pour lui ce n’était pas une montagne, mais un adolescent de 15 ans environ… les hormones, et tout ça… il pourrait se trouver une petite amie ou un petit ami et le privé de sa première fois ! Ça, c’était moins drôle ! Mais comme le Soutaichō l’avait plus qu’à l’œil cette fois-ci… Voilà, ce qui arrive quand on brûle trop de cartouches d’un coup ! Pppffff… Il le ferait payer à sa petite fraise, s’il s’avisait de le tromper !

Gin entra dans son bureau contrarié. Il décida de faire, faire de l’exercice à toute sa division ! Rien de tel que de torturer les autres pour passer ces nerfs ! Il appela Izuru pour lui demander de rassembler la division.

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Ichigo se leva et se demanda comment il avait atterri dans son lit. Il s’assit et ses couvertures tombèrent en vagues sur ces jambes. Puis, un éclair lui traversa l’esprit. Il avait été attaqué par un truc invisible… il toucha son buste. Et se souvint de la marque sur l’épaule. Il se redressa vite et courut dans la salle de bain. Il ferma la porte et défit rapidement sa veste.

Ses yeux s’élargirent et sa respiration devint saccadée. Un magnifique suçon se trouvait sur son épaule gauche. Le roux tendit doucement un doigt pour toucher la tâche. Il déglutit péniblement. Vu la coloration qu’il avait, il doutait fortement que cette tâche disparaisse d’un coup. Il soupira contrarié.

Ce qui est sur, c’est que pour l’instant, il était sûr qu’il était seul. Il décida immédiatement de prendre sa douche. Il se frotta très fort comme pour enlever ses sensations qu’il avait ressenties la veille. Malgré sa peur, il avait pu percevoir que c’était de longs doigts fins qui l’avaient tenu contre le mur. Le toucher n’avait pas été désagréable. C’était chaud et la texture des lèvres, enfin ce qu’il s’imaginait être des lèvres, enfin si ça devait en être puisqu’il avait senti des dents qui l’avait égratigné légèrement avant de sentir l’aspiration sur son épaule, avait été humide et chaude.

Il était aussi persuadé que c’était un homme… et plus grand que lui sans conteste. Maintenant, il n’avait pas plus de renseignements que cela. Il était bien avancé… Il aurait tellement aimé au moins voir à quoi ressemblait son agresseur. N’empêche qu’il avait eu la délicatesse de lui refermer sa veste et de l’allonger sur le lit. « Délicatesse » ? L’enfoiré, la prochaine fois, il essaierait de lui viser dans l’entrejambe. Il s’était rendu compte qu’il ressentait aussi la douleur.

C’est sur que je ne me laisserai pas faire… Songea Ichigo. Il avait emballé une grande serviette autour de ses hanches, il avait oublié de prendre des affaires et posa une serviette sur ses épaules et traversa le couloir. Il rencontra sa sœur Karin qui maugréa contre son manque de pudeur. « Merde, je suis une jeune fille innocente ! »

Ichigo entra bien vite dans sa chambre et passa son uniforme. Il entendit la voix d’Yuzu qui l’appelait pour déjeuner. Il courut pour le prendre. Il fronça les sourcils en songeant à sa visite de la veille. Il espérait avoir une journée tranquille…

° 0° 0°

Ichimaru pouvait enfin revenir dans le monde des humains. Il se dirigea immédiatement voir sa fraise. Il le trouva grâce à son reiatsu. Il était un peu plus élevé que la moyenne… mais pas de quoi éveiller les soupçons. Il se mit à flotter devant le bâtiment et regarda au travers de la fenêtre et vit sa petite fraise très concentrée sur ses devoirs apparemment. Il était franchement adorable.

Il ricana intérieurement et traversa la fenêtre et se dirigea vers le bureau sans contrainte. Il se plaça derrière lui et s’assit sur le bureau derrière lui. Un grand type s’y trouvait… mais cela n’avait pas d’importance. Il se pencha et sa main vint se poser sur son épaule. Immédiatement, il ressentit la crispation du roux. Il fit glisser sa main sur sa chemise sensuellement et soudain, il sentit une poigne de fer lui enserrer ses doigts.

  • Oh ? Petite fraise… Tu te défends. Hum… comme c’est intéressant ! Pourras-tu te défendre contre cela ?

Ichimaru se pencha complètement vers le jeune homme. Il entendit à sa grande satisfaction, un léger halètement de peur.

  • Tu as un parfum irrésistible… Sais-tu ?

Il s’inclina vers l’oreille du jeune homme et sortit le bout de sa langue et se mit consciencieusement à lui lécher le lobe de l’oreille. Il vit le jeune homme frissonner.

  • Oh ? Tu aimes ?

Gin se courba davantage et croqua doucement le lobe de l’oreille, son souffle jouant avec les cheveux oranges qui se trouvait tout proche. Ichimaru respira l’odeur épicée du jeune homme. Sa langue entra dans le trou de l’oreille d’Ichigo qui la posa son crayon bruyamment.

  • Quelque chose ne va pas Kurosaki ? demanda son professeur.
  • Non… non. T tout va bien !
  • Alors, cesser de faire du bruit pendant le contrôle.

Gin sentit alors une pression plus forte se faire sur ses doigts toujours emprisonnés par la poigne du roux. Ne désarmant pas… Gin mis sa deuxième main dans le dos d’Ichigo. Ses doigts plus précisément se mirent à courir le long de sa colonne vertébrale lentement, insidieusement. Il vit le roux devenir rouge et une goutte de sueur vit le jour sur côté de son visage.

Ichimaru la lécha lentement, ses doigts faisant un va-et-vient suggestif dans le dos de sa proie toujours prisonnière de son bureau. Finalement voyant que le jeune homme essayait discrètement de le repousser il saisit sa main cette fois-ci et enlaça ses doigts au sien. Ichigo était tendu comme un arc. Gin voyait la peur inscrite sur son visage, en plus d’un profond malaise. Il rit doucement. Comme c’était drôle !

Il voulut pousser plus loin son petit jeu. Ses doigts descendirent lentement, très lentement, voluptueusement vers le bas du dos d’Ichigo. Il l’entendit déglutir péniblement. Il sourit. Ses doigts touchèrent les fesses fermes enfin, ce qu’il pouvait en toucher… il fit parcourir ses doits le long de sa jambe pour remonter ensuite vers son entrejambe. Ichigo était écarlate.

  • Kurosaki… Allez à l’infirmerie. J’ai l’impression que vous allez me faire un malaise. Fit la voix du professeur. Yatsutora, vous l’accompagnerez puisque vous avez l’air d’avoir fini !
  • Bien, Madame…

Le géant se leva et Ichigo se redressa et sortit précipitamment avec Chad sur les talons.

  • Qu’est-ce que t’as Ichigo ? fit Chad. Depuis, tout à l’heure, je te vois t’agiter.
  • Putain ! Murmura affolé le roux.

Il s’arrêta et posa une main contre le mur. Il tremblait !

  • Ça ne va vraiment pas Ichigo… Viens à l’infirmerie, tu te sentiras mieux.

Ichigo hocha la tête. Il était perdu. Ses mains qui l’avaient caressée encore… Cette langue chaude sur son oreille, dans son oreille… ce souffle…

Il entra à l’infirmerie. La jeune infirmière lui demanda d’aller s’allonger sur un des lits et vit qu’il semblait fiévreux, lui donna une aspirine. A peine le rideau se referma et que Chad et l’infirmière quitta les lieux, il sentit quelque chose s’asseoir sur lui.

  • Kami-sama ! murmura Ichigo.

Et là, il sentit de chaque côté de son visage quelque chose. Il ressentit nettement un poids d’un autre buste sur lui. Il voulut repousser ce qui le plaquait contre le matelas, mais à peine voulu-il se défendre qu’il sentit deux doigts emprisonner son menton. Son cœur s’accéléra d’un coup. Mais il n’eut pas le temps de se poser des questions une bouche vint s’écraser sur la sienne. Immédiatement Ichigo voulut mordre. Mais il ne mordit que le vide. L’autre s’étant apparemment rendu compte de son comportement s’était reculé à temps.

Tout à coup, Ichigo sentit deux mains se mettre de chaque côté de son visage et le tenir fermement. Pas violemment, mais suffisamment solidement pour lui éviter toute fuite. Et soudain, une langue vint caresser sa gorge. Des dents égratignèrent sa peau. Le souffle d’Ichigo s’accéléra brutalement. La langue remontait vers le creux de son oreille et joua avec le lobe de cette dernière. Les lèvres chaudes se déplacèrent sur sa peau et Ichigo sentit que les boutons de sa chemise glissaient. Il voulut se débattre, mais le poids était trop lourd et il ne voulait pas alerter l’infirmière de peur qu’elle ne le prenne pour un fou. Tout à coup, Ichigo sentit que la langue impudique jouait avec sa clavicule. Il soupira malgré lui… Que lui arrivait-il ?

Il sentait bien que les lèvres s’attardaient comme la dernière fois sur son épaule. Et il vit en glissant son regard que le suçon qui avait disparu réapparaissait comme par magie. Ichigo gémit légèrement. La pression ne faiblissait pas au-dessus de lui. Il déglutit et se demandait quand cette torture prendrait fin. Le problème dans sa tête, c’est qu’il ne savait pas si c’était du plaisir ou du dégoût qu’il éprouvait. Au moment où il s’y attendait le moins, une langue avait investi sa bouche et jouait avec la sienne. Il voulut la repousser… mais l’autre taquine ne l’entendait pas de cette oreille. Et se mit à combattre la sienne. Bientôt, une bataille s’engagea langue contre langue pour savoir qui emporterait le match. Cela dura un petit moment et de la salive commençait à couler de la bouche d’Ichigo.

Ce dernier abandonna de fatigue. C’était son premier baiser et franchement… il aura pensé à tout sauf à ce combat inflexible. Il était hors d’haleine et pantelant. Finalement, la bouche inconnue vint à nouveau reprendre ses lèvres tendrement presque par comparaison avec le baiser précédent. Sans s’en rendre compte, Ichigo au bout de quelques longues secondes répondit à la langue experte. C’était tout bonnement agréable. Il gémit de façon étrangler.

Quand soudain un bruit se fit entendre à côté du lit. Ichigo perçut immédiatement qu’on le lâchait. Il se recouvrit immédiatement de la couverture. Il entendit le rideau glisser et une voix lui dire.

  • Kurosaki, vous pouvez entrer chez vous ! Les cours sont terminés. Yatsutora vous a apporté votre sac.
  • Oui… j’arrive ! fit le jeune homme d’une voix courte.

Il se redressa quand il entendit l’infirmière partir. Il était à l’affût pour voir s’il allait à nouveau se faire « attaquer ». Mais non ! Plus rien. Il se leva et se reboutonna rapidement. Il prit ses affaires au vol et rentra directement chez lui. Ichigo avait le cœur battant. C’était quoi ce qu’il lui était arrivé ? Si cela avait continué, Dieu seul sait jusqu’où cela aurait pu aller… Et le pire dans tout cela, il se demandait s’il aurait résisté !

Qu’est-ce que c’était ? Pourquoi lui ? Il n’en savait rien. Mais il comprit qu’il devait apprendre à se défendre et à se protéger. Il avait l’impression qu’il allait devenir fou. Ses sens aux aguets, l’informaient qu’il n’était pas suivi et que la présence qui avait rencontré plus tôt n’était plus là.

Toute la soirée, il fut passablement sur les nerfs. Sursautant au moindre bruit ou par tout ce qu’il pouvait toucher par inadvertance. Il savait en prenant sa douche qu’il était seul et quand il rentra dans son lit, il monta ses couvertures au plus haut de son visage. Son cœur palpitait toujours, mais rien ne vint le troubler ce soir-là ni cette nuit-là !

° 0° 0° 0°

Ichimaru se léchait ses lèvres quand il avait dû quitter rapidement le corps du plus jeune. Il avait entendu quelqu’un entrer, mais aussi, il avait senti le reiatsu de Kira dans les parages. Il quitta rapidement les lieux et se rendit sur les lieux de sa mission.

Kira eut du mal à le retrouver et quand il le dénicha, Ichimaru était tranquillement assis sur le toit d’une maison et observait quelqu’un.

  • Capitaine ?
  • Oui… Uzuru…
  • Nous vous cherchions…
  • Non ! Tu me cherchais !
  • Oui… soupira le blond.
  • Pour quelle raison !
  • Notre mission.
  • Elle est terminée !
  • Alors pourquoi sommes-nous ici encore ?
  • Oh… j’observe mon délicieux fruit.
  • Fruit ?

Ce n’était pas un terme qu’il avait employé avec lui ou qui que se soit à sa connaissance.

  • Hum, je me suis déniché une magnifique fraise. Dis-moi Uzuru… ou plutôt rassure-moi. Nous reviendrons prochainement ici… n’est-ce pas ?
  • C’est prévu en effet !
  • Bien ! Je vais laisser ma fraise tranquille. Je le goûterai à nouveau à notre prochaine sortie. Au fait ! Ce ne sera pas la peine de me chercher et si tu viens perturber mon « goûter », je te fais la peau Uzuru. Tu m’as bien compris !
  • Oui, capitaine.
  • Très bien. Si c’est clair, nous pouvons rentrer.

Kira tourna la tête vers la maison qu’Ichimaru scrutait depuis tout à l’heure. Le vice-capitaine eut le temps de voir une touffe de cheveux orangée passer par la fenêtre.

« Ainsi c’est bien un humain ! » songea-t-il dépiter ?

Lentement, il suivit son supérieur et regarda l’haori blanc et noir se balancer le long des longues jambes de son capitaine. Son cœur se serra et la jalousie perça dans ce dernier. Comment Ichimaru pouvait s’intéresser à un humain ?

 


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